Somnifères et alcool : quelles intercations ? quels risques ?

Benzodiazépine, antihistaminiques : quels médicaments ne doivent pas être mélangés avec de l’alcool ?

Il existe un certain nombre de médicaments qui induisent le sommeil :
  • les hypnotiquesqui sont les somnifères à proprement parler,
  • les anxiolytiquesqui sont des tranquillisants de type benzodiazépine, dont certains ont un profil hypnotique,
  • et les autres classes de médicaments pouvant avoir des effets de somnolence : les antidépresseurs, les neuroleptiques, les antihistaminiques (antiallergiques), les sirops pour toux sèche, les antalgiques de palier 2 (codéine, tramadol) et 3 (morphiniques).

Hypnotiques, anxiolytiques, antihistaminiques, neuroleptiques, antidépresseurs … tous ces médicaments possèdent un effet sédatif et un effet sur la baisse de vigilance qui risque d’être potentialisé par la prise d’alcool. Fabrice Camaioni, docteur en pharmacie.

Les molécules contenues dans ces médicaments agissent sur le système nerveux central pour ralentir l’activité cérébrale et les fonctions physiques, et ils peuvent potentialiser les effets sédatifs de l’alcool : la consommation d’alcool fait donc partie des contre-indications à ces traitements.

Quels sont les dangers ?

Lorsque l’on souffre de troubles du sommeil, les risques de cumuler la prise d’alcool avec des hypnotiques sont très variables selon les doses de l’un et de l’autre. « Si l’on respecte les doses de somnifère et que l’on boit un verre de vin au dîner, l’effet sédatif de l’alcool va s’additionner à celui du somnifère ou psychotrope. Le risque est somme toute assez mineur, bien que cela dépende également de la sensibilité et de la corpulence du patient. En revanche, si l’on prend une forte dose de médicament par-dessus une prise de boissons alcoolisées, les risques sont réels et peuvent aller jusqu’au coma », indique le pharmacien.

Les effets de la prise simultanée d’hypnotiques et d’alcool sont les suivants.

Un effet synergique : ayant des effets similaires sur le système nerveux central, notamment la dépression de l’activité cérébrale, ces effets peuvent être amplifiés lorsqu’ils sont associés. Cela peut entraîner une somnolence excessive, une ivresse rapide, une confusion mentale, une diminution de la coordination motrice et une altération des fonctions cognitives. Le risque d’accidents de la route, de chutes et d’autres blessures accidentelles est donc largement augmenté pour ceux qui ne vont pas se coucher tout de suite.

Une augmentation du risque de dépression respiratoire : « La combinaison d’hypnotiques et d’alcool peut augmenter le risque de dépression voire de détresse respiratoireavec une diminution de la fréquence respiratoire et des niveaux d’oxygène dans le sang. Cela peut être particulièrement dangereux chez les personnes atteintes de problèmes respiratoires préexistantstels que l’apnée du sommeil », indique le Dr Camaioni.

Des effets gastro-intestinaux : l’alcool peut augmenter les effets gastro-intestinaux indésirables associés à certains médicaments hypnotiques, tels que les nausées, les vomissements et les douleurs abdominales.

Combien de temps un somnifère ou hypnotique reste dans le sang ?

La durée pendant laquelle un hypnotique reste dans le sang dépend de plusieurs facteurs, notamment le profil pharmacologique du médicament, la dose prise, la fréquence d’utilisation, le métabolisme individuel et d’autres variables physiologiques.

On appelle 1/2 vie d’un médicament la durée nécessaire pour que sa concentration plasmatique diminue de moitié dans le sang après l’administration d’une dose unique. En général, les hypnotiques ont des demi-vies d’environ 5 heures, ce qui signifie qu’ils sont éliminés en grande partie du corps en moyenne une dizaine d’heure après leur prise. Fabrice Camaioni.

En cas de prise prolongée en quantité importante, il peut y avoir un effet cumulatif qui explique qu’après l’arrêt, des quantités significatives de médicament peuvent persister dans le sang pendant parfois plusieurs jours.

Combien de temps laisser entre la prise d’alcool et la prise de somnifères, sédatifs, antidépresseurs ou anxiolytiques (Xanax) ?

En cas de prise de somnifère – dans le respect des doses prescrites – il est recommandé d’attendre au moins huit à 10 heures avant de consommer des boissons alcoolisées. C’est le temps nécessaire pour que la concentration de substance active dans le sang diminue suffisamment pour réduire significativement les risques d’interaction entre l’alcool et le médicament. « Pour faire simple, si l’on prend un somnifère le soir, il n’est pas interdit de prendre un verre d’alcool le lendemain midi »; résume le spécialiste.

Attention néanmoins, ceci n’est pas valable avec la prise d’anxiolytiques (Xanax, Lexomil, etc.) qui sont souvent pris plusieurs fois par jour et sur des périodes relativement longues. En conséquence, l’organisme est « imprégné » de ces substances et la prise d’alcool, même en faible quantité, peut être délétère. Pour ce type de médicaments, la consommation d’alcool est contre-indiquée pendant toute la durée du traitement.

Notons également qu’avec l’âge, le travail d’épuration se fait moins efficacement et la sensibilité à l’alcool est accrue : il peut donc être nécessaire de laisser passer plus de temps pour les personnes âgées.

Existe-t-il des somnifères qui ne sont pas contre-indiqués avec de l’alcool ?

La prise d’alcool est contre-indiquée avec tous les médicaments hypnotiques, et autres médicaments ayant des effets sur la vigilance tels que les antihistaminiques ou anxiolytiques. Pour les personnes qui souffrent de troubles légers du sommeil ou d’insomnie occasionnelle, mais qui tiennent à boire occasionnellement un peu d’alcool, les compléments alimentaires à base de mélatonine et de plantes peuvent être une bonne option.

« La mélatonine est une substance naturelle sécrétée par le cerveau qui permet de recadrer les cycles naturels, souvent perturbés quand on souffre d’insomnie », explique le pharmacien. Sous forme de complément alimentaire, elle est souvent associée à des plantes, telles que l’aubépine, la valériane ou encore la passiflore. Si la consommation d’alcool peut également risquer de potentialiser l’effet sédatif de la mélatonine, les risques restent moins importants qu’avec les médicaments hypnotiques.



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